Réalité Virtuelle & Histoire
L’après-midi du jeudi 17 mars 2022 nous sommes allés découvrir la Grotte de Lascaux en Réalité Virtuelle à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, à Paris.
Petite histoire
A l’origine la Grotte de Lascaux se trouve dans la commune de Montignac-Lascaux, dans le département français de la Dordogne en région Nouvelle-Aquitaine.
Cette célèbre grotte est composée de calcaire. Elle est connue dans le monde entier par son nombre important d’œuvres très détaillées (peintures et gravures) datant du Paléolithique supérieur (45 000 et 12 000 ans avant le présent). Ces créations de qualité esthétique stupéfiante représentent la plus part du temps des animaux comme des vaches, des chevaux, des bisons, des rhinocéros et des cerfs. Il n’y a qu’une représentation d’être humain et comparée au reste des créations, on s’aperçoit que ce n’est pas le même niveau de détails qui a été employé
Les contemporains se servaient des reliefs, des couleurs de la roche ou des fissures des parois pour créer leurs œuvres. C’est ainsi que cet endroit a été surnommé par Henri Breuil; un anthropologue, archéologue, spéléologue, préhistorien, professeur, prêtre catholique, paléontologue , « la chapelle Sixtine de l'art pariétal », « Versailles de la Préhistoire » ou encore « Altamira française ».
Malheureusement, il nous est impossible d’avoir de datation directe et précise car il n’y avait pas de corps dedans. Cependant, on a pu estimé leur âge grâce à divers objets retrouvés dans la grotte à environ 19 000 et 17 000 ans c’est donc des homo-sapiens qui ont été les artistes intemporels de ces parois. Toutefois, on a retrouvé des fragments d’os éparpillés dans la grotte et ces derniers ont été datés de 21 000 à 21 500 ans cal AP, époque à laquelle il y a eu la transition Badegoulien (qui est un concept englobant l’industrie lithique et la typologie d’un lieu rencontré vers la seconde moitié du Paléolithique supérieur) au Magdalénien (qui est la dernière culture compris dans le Paléolithique supérieur).
Au-delà des interprétations que l’on peut faire sur les œuvres, leur raison d’être ou leur fonction, leur découverte est également sujette à une part de fiction, car il existe plusieurs versions. La plus répandue est celle du 8 septembre 1940 où Marcel Ravidat la grotte lors d’une promenade avec son chien. L’animal s’était lancé à la poursuite d’un lapin qui avait eu l’ingénieuse idée d’aller se cacher dans un trou d’environ 20 cm de diamètre. Il était donc devenu impossible d’aller le chercher en personne, alors, notre protagoniste lança des pierres pour le faire sortir. Cependant, lors de sa manœuvre, il découvre que l’abri du lapin communiquait avec une cavité beaucoup plus importante que ce qu’il avait imaginé. Etant donné la proximité avec le château de Lascaux, il pensa que c’était la sortie d’un souterrain.
Curieux, il décide de revenir plus tard accompagné de quatre autres personnes Georges Agniel, Simon Coencas, Jacques Marsal et Georges Estréguil avec des outils nécessaires pour élargir le trou et découvrir ce qui se cachait sous la terre . En revenant à la surface les jeunes gens vont prévenir leur professeur Léon Laval, leur ancien instituteur à la retraite qui ne prend pas au sérieux leur histoire. C’est alors que Maurice Thaon eut vent de cette histoire et décida d’aller en parler à Henri Breuil, après avoir fait des croquis de ce qu’il a pu trouver. L’abbé Breuil est le premier spécialiste à visiter les lieux, suivi de Denis Peyrony et Henri Begouën.
Henri Breuil étudie les lieux dès la fin de l'année 1940 puis s’arrête pendant quelques années (à cause de la guerre qui compliquait les recherches) avant de revenir en 1949 avec d’autres spécialistes tels que Séverin Blanc et Maurice Bourgon. C’est ainsi que de 1952 à 1963, l’équipe de Breuil font de multiples découvertes sur 120 m² qui sont au nombre de 1 433 représentations (aujourd’hui, 1 900 sont répertoriées). La Grotte de Lascaux est classée au titre de monument historique de l'humanité dès le 27 décembre 1940. En octobre 1979, elle est ajoutée par l'Unesco au patrimoine mondial aux côtés d’autres vestiges préhistoriques.
L’intérêt que suscite cette grotte est tel qu’un million de personnes visitent la grotte entre les années 40 et 60. Malheureusement bien qu’une porte ait été installée, afin de restreindre les risques de déséquilibre atmosphérique, ainsi que des systèmes d’appareils de climatisation : Les peintures de la grotte se détériorent, dû notamment aux premiers visiteurs qui n’hésitaient pas à gratter la paroi.
Problématique et contremesure
Aujourd’hui l’usure est un véritable problème qui atteint beaucoup de monuments. Ce n’est pas que le cas pour la Grotte de Lascaux, il y a aussi les Cités iraniennes de Bam, la Vallée de Bamiyan en Afghanistan, la Ville historique de Zabid au Yémen, La Grande Pyramide de Gizeh et bien d’autres encore…
Rien ni personne ne résiste au temps dans de ce monde, ce constat le prouve. En plus des rouages du temps, nous sommes tout autant des fléaux pour notre patrimoine, nous et notre civilisation.
Notre savoir n’est
pas suffisant pour maintenir éternellement le physique. Néanmoins, nous pouvons le recréer dans un monde numérique grâce à la Réalité Virtuelle comme ça a été le cas pour la Grotte de Lascaux. Grâce à la récupération
des scannes photométriques de l’intérieur de la grotte, il a été possible de recréer la grotte numériquement, donnant aux visiteurs une expérience à la fois unique et originale car malheureusement la grotte a du fermé
ses portes au public en 1963.
La visite
La séance se déroule pendant quarante-cinq minutes durant lesquels on explore 325 mètres de galeries qui constitue la grotte.
Nous pouvions nous déplacer librement dans l’espace, avec tout de même les limites de la pièce. Pour palier à cette difficulté, l'exploration est entrecoupée de "téléportation" qui nous mène à un autre point de la
grotte. Les transitions sont réalisées de sorte à ne pas perturber les sens du visiteur, alors qu'il n'est pas en mouvement.
Une fois dans la salle où nous devions porter des lunettes VR, et un ordinateur dans notre dos, afin d'avoir une immersion la plus totale.
Une fois transportés dans l'autre monde, nous avions tous des avatars semblables, mise à part nos prénoms qui nous différenciaient les uns des autres et qui évitaient également que l'on se rentre dedans par inadvertances.
Bien que les scannes n’ont pas été réalisés pour cet usage, le rendu reste stupéfiant ! Le seul point négatif, qui est en fait un point que l'on pourrait d'améliorer, serait d'optimiser certaines choses comme la résolution de la modélisation 3D qui a
été récupérée et non réalisée pour une immersion de Réalité Virtuelle.